Marathon des Sables 2015 / How I got my Mojo back doing the MDS in Luna Sandals !

Leslie Slater, c'est cette nana incroyable qui a décidé de courir la 30 è édition du Marathon des Sables en Sandales, tout simplement parce que... elle ne voyait absolument pas comment couvrir autrement cette distance de 250 Km en 6 étapes et en autosuffisance alimentaire. Pratiquement coupée du monde dans son "joli bac à sable" pendant 6 jours, elle nous aura tenu en haleine et émus aux larmes jusqu'à son arrivée. Aujourd'hui, elle nous raconte comment elle a récupéré son MOJO sur le MDS ! Btw, c'est quoi un Mojo Leslie ? *

#pourquoi cette idée un peu dingue d'aller courir le MDS et surtout en sandales ?

Le MDS m'a toujours fait rêver et quand j'ai su que Michel et Sylvie Bach partaient sur cette 30 e édition, j'ai craqué. D'autant que je me suis dit que ce serait peut être le dernier MDS de Michel - 69 ans - qui l'a couru 20 fois et Sylvie 13 fois. Il était hors de question que je loupe ça ! C'est ce qui m'a fait basculer. Après d'autres personnes m'ont motivée aussi. Comme Catra Corbett, Samuel Etienne, Juan Carlos Pradas, Niandi Carmont... des personnalités que je considère comme des grands de la course à pied. 

11216001_10205188504926871_1066273186_n.jpg

Pourquoi en SANDALES ?  En  Luna Sandals  parce que ça me paraissait comme une évidence. Je savais que les pieds étaient un énorme problème sur le MDS et qu'il était impossible pour moi de le courir en Five Fingers à cause du sable. Je savais aussi que Fadi Meroueh l'avait couru en sandales "home made". Il m'a donné confiance en moi, tout comme Barefoot Ted (de Born to Run) qui m'a offert les miennes et avec lesquelles j'ai couru tout le MDS. Pour la petite histoire, j'ai offert ma 2e paire de back up à Christophe Le Saux - 7e sur le MDS - qui s'était intéressé à mes sandales pendant la course et qui a couru la dernière épreuve avec. (photo ci-contre)

 

#comment tes proches - famille, amis - ont-ils vécu cette décision ? 

Mes amis ont tous été très enthousiastes, mais ça a été un peu plus compliqué vis-à-vis de ma famille car je suis souvent partie de par mon travail. Par contre je suis partie avec leur bénédiction et leur soutien. 

#le budget est assez conséquent. As-tu pu être aidée par des sponsors ou autre ? 

Oui c'est cher, c'est un vrai luxe que de pouvoir faire cette course et pourtant j'ai été aidée  (Anita Active). Mais je ne regrette pas un seul centime dépensé...

#le matériel tient une place majeure dans la préparation du MDS, peux-tu nous dire comment tu l'as choisi et pourquoi ?

J'ai eu de la chance d'avoir une dotation RAIDLIGHT pratiquement complète, j'avais tout le matériel pour le MDS et les produits sont to-pi-ssimes : le sac de couchage tient super chaud, la preuve j'y dormais nue ;-) et la tenue - deux T-Shirts et une jupette, les gamelles, la casquette - m'a suivie sur tout le parcours. Malheureusement, ma morphologie ne s'adaptant pas au sac à dos (petit dos et un bon 90C qui a été pris en charge par ANITA) j'ai donc pris un sac-à-dos WAA-Ultra. Car sur place, il n'y a que ton sac qui compte. Tout tourne autour de ton sac, tu ES GREFFE A LUI ! Et si tu as un problème avec ton matériel, ça peut très vite tourner en catastrophe ! 

Les SANDALES m'ont été offertes par LUNA SANDALS (créé par Barefoot Ted)

#as-tu suivi un entraînement spécifique ? As-tu bénéficié des conseils des anciens, de ceux qui avaient l'expérience du MDS ? 

Bah non.... j'ai eu un gros coup de mou au mois de novembre, j'ai passé les mois de novembre, décembre et janvier à faire du lard et à prendre du poids. Je me suis réveillée en février-mars, un chouille too late... Je ne me sentais pas vraiment prête en partant, mais je n'allais pas renoncer... Et même si c'est une épreuve que tu ne peux pas faire tout en courant, tu ne peux vraiment pas y aller en dilettante, sans être entraînée, sans jambes. Et j'avais les jambes. De par mon métier déjà - je suis Hôtesse de l'air sur Air France - et parce qu'en 2014 j'avais couru les Marathons de Rome, Paris, New York, Comrades - 89 km - en Afrique du Sud, le Marathon du Médoc et tout un tas d'autres courses... donc oui, j'avais des jambes. Mes pieds aussi. Ils me pardonnent beaucoup mes pieds. Le terrain était compliqué et ils s'y sont habitués. Par contre, ce qui est absolument nécessaire sur cette course, c'est un MENTAL !

#la préparation du sac- à-dos je me souviens t’a occupée et pris le chou pendant une semaine au moins, voir plus. (Souvenir de tes AR au vieux Campeur) Comment as-tu fait, quelles étaient tes priorités ? Equipement, nourriture…

J'ai eu la chance de partir avec les Bach qui m'ont tout expliqué et j'ai suivi leurs conseils à la lettre. Il fallait un minimum de 14 000 Calories que Sacha mon fils m'a aidé à conditionner. Avec le matériel obligatoire et le sac de couchage, c'était un vrai Rubik's cube ! 

Pour la NOURRITURE, j'avais : du lyophilisé acheté au Vieux Campeur, du Beef Jerky américain, des sardines, des amandes. Et si c'était à refaire, je ne prendrais que du PROTEINE car sur place je n'avais envie que de viande, de fromage et de poisson ! Surtout pas de sucre, ni de sucres lents ! Et tout à la fin, j'avais juste envie de brûler ton sac ! 

#La veille du départ tu pensais à quoi ? Le fait d’être en équipe avec les Foxy Fennec était-ce un soutien ?

La veille, en bonne 'mère juive' je n'avais qu'une idée en tête : remplir le frigo pour ma famille. Je n'ai pas eu le temps de réfléchir et de par mon métier, j'ai l'habitude des départs.... Puis, avec les FOXY FENNEC, j'étais en famille, j'étais bien...

#Sur place, qu’as-tu pensé de l’organisation ? 

J'ai trouvé ça très bien. Les anciens se sont plaints que ce n'était pas comme avant. Mais pour moi c'était super. Je me sentais tout le temps en SECURITE, il y a avait des toubibs, des Doctrotters partout (Aurore Mignardot, une de nos RunChic Girls faisait partie du Staff médical).

D'un point de vue LOGISTIQUE aussi. Je n'ai jamais manqué de rien ni d'eau. Dès que nous finissions notre étape nous avions droit à du thé à la menthe et les tentes du campement qui se déplaçaient avec nous étaient toujours au même endroit. C'était drôle d'ailleurs. Pour la petite anecdote, quand j'arrivais au campement, je passais toujours devant les élites marocaines arrivées depuis fort longtemps et qui me félicitaient. Après c'était au tour des italiens qui eux draguaient pour finir par la tente des espagnols. Du coup j'avais droit à des éloges, j'étais encouragée et j'ai toujours adoré mes retours de parcours !

#Quelle était l’ambiance au milieu de ton très beau bac à sable ? Entre les coureurs ? As-tu rencontré des personnes hors du commun, ou totalement déconnectés de la réalité ? 

L'ambiance était super. J'ai adoré ! Tu rencontrais toujours la bonne personne au bon moment. Des histoires qui t'inspiraient pour avancer comme cet américain qui s'était pris une mine en Afghanistan et qui malgré tout était présent. Il y avait toujours LE truc de qui te faisait avancer... 

#Au niveau des épreuves, comment les as-tu vécues ? La plus dure ? La plus belle ? 

Tout était comme CHOREGRAPHIE : chaque épreuve était une AVENTURE. L'épreuve la plus dure fut la plus longue. J'ai souffert, la nuit est tombée et j'ai vraiment eu très froid. Sauf aux pieds ! Un mec arrivé de nul part m'a aidée à faire la fin de la longue étape de 92 km et grâce à lui j'ai fini. Il m'a aidé car ma frontale marchait mal, puis il est reparti comme il était arrivé....  La plus belle ? Quand tu montes le djebel à la corde, c'est vraiment très impressionnant ! Tout était très beau. 

#Comment te nourrissais-tu ? Te lavais-tu ? Te changeais-tu ? 

J'étais avec les FOXY FENNEC et Sylvie Bach nous avait dit : "Nous ne serons peut être pas  les plus rapides mais nous serons les plus belles !" Je me lavais à l'eau et au savon tous les soirs. Je me forçais à rester propre, sauf les cheveux. Une cata... Je me lavais, hydratais mes pieds et j'avais une crème très grasse pour la peau. Mes tenues techniques Raidlight se lavaient parfaitement bien aussi. J'en avais 2 dont une pour le froid. Je la mettais le soir dans un sac poubelle rempli d'eau et de savon et la faisais sécher une heure au soleil.

#Question équipement, as-tu été satisfaite de tes sandales, sac-à-dos, Anita, lunettes…. ?

Mes SANDALES - Luna Sandals - m'ont permis de courir le MDS sans une seule ampoule ! Tu ne peux pas imaginer le nombre de gens que j'ai croisés avec les pieds en souffrance ! A la fin ils m'enviaient... Mes SOUTIFS Anita étaient top : jamais de gêne, ils sèchent super vite, tu transpires, ils gèrent l'humidité et les seins ne sont pas comprimés. J'avais emporté deux soutifs noirs et un camouflage parfait pour le désert. Discrets et sexy... Les LUNETTES de SOLEIL Oakley : je ne pouvais plus m'en passer ! Quand je les soulevais, je me disais oh my God ! Heureusement que je les ai ! 

#Qu’est ce qui t’a le plus plu ?

Les gens, les rapports humains, les paysages...

#Qu’est ce qui fut le plus dur ? 

La nuit, le froid et le vent. 30 bornes dans le sable de nuit. On avançait à quatre à l'heure pendant dix heures...

#A quoi à qui pensais-tu ? sur les épreuves, le soir, la nuit dans le désert ? 

Je pensais à ma famille, mes amis, à ma mère. Aux mails que je recevais, c'était un de mes plus grand plaisir. Ce qui m'a poussé, c'était de penser à la chance que j'avais d'être là...

#Toi qui es très connectée, comment as-tu géré l’absence de wifi ? ;-) Pour communiquer avec tes proches ? 

Paradoxalement, ça ne m'a pas manqué du tout. Cela aurait été presque un blasphème d'être connectée dans le désert. J'ai eu du réseau deux ou trois fois pour mes proches. C'est tout...

#comment as-tu vécu le "back to the real world" ?

Ma vie est pleine de transitions, j'ai une vie très riche. Je savais que ça allait se terminer, je voulais aussi être pudique par rapport à ma famille et ne pas rentrer trop euphorique...

#Le referas-tu ? 

Oui, j'aimerais le refaire, mais pas tout de suite car c'est un gros budget. Et je le referai... avec toi ! 

#Tes conseils perso, ce qui te semble incontournable dans cette épreuve ? 

Surtout écouter les conseils des anciens, rester humble face à soi-même et à la nature, profiter et le vivre comme une aventure et non pas comme une épreuve... Ne pas se mettre de pression surtout ! 

Merci Les... Merci Anita, Luna Sandals, Raidlight. Merci Ian Corless ( ICI ) pour les magnifiques photos ainsi que Gilles Clain pour les photos en Anita Active ! 

*le MOJO de Les qui devrait être notre modjo à toutes  !it's that extra thing you have that gives you a spark, energy, gniak, sex appeal !