CANDIDA OU COMMENT PEINDRE A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU.

 Candida est l’essence même de la Salsa. Non pas au sens restrictif de cette danse, bien que danser, chanter et puis rire lui vont si bien, mais à celui plus épicé d’une sauce qui résumerait à elle seule sa culture hétérogène faisant d’elle le peintre qu’elle est aujourd’hui.
Doux métissage entre un père portoricain qui sous ses faux airs de Harry Belafonte, a ouvert un des premiers bars multiracial dans le West Village à New-York plutôt que d’embrasser une carrière d’avocat, et une maman peintre, authentique Germanopratine à qui l’on doit la sauvegarde de la Ruche, Candida est pratiquement née dans l’atelier de Soutine de cette cité d’artistes fondée au XIXe, à Montparnasse.
Lieu qui accueillit Brancusi, Chagall, Modigliani ...et que l’on peut, l’on doit, aujourd’hui visiter.  Pourquoi «La Ruche»?  Parce que dixit son fondateur le sculpteur Boucher, les artistes bourdonnent de créativité, et de cet ingrédient, Candida n’en a pas manqué.
En effet, de ses premiers mots à ses premiers dessins il n’y avait qu’un pas, et dans cette enfance magique où la peinture achetée chez Adam remplaçait les jouets, elle s’est forgée son identité d’artiste dans l’atelier de Chagall, son ADN dit-elle, qui lui fut octroyé à ses treize ans et qui est aujourd’hui toujours le sien.

Unique et indépendante, instinctive et inspirante, ainsi que d’une beauté troublante, Candida va évoluer avec et dans son temps.
Avec un côté un peu précurseur et un poil provocateur, sa première période, sous le nom «Complet-Veston», dans les années 90, sera dominée encore et toujours par le mélange. Elle puisera son inspiration dans la mode et certains courants artistiques, tels que l’avant-garde allemande avec Kirchner et Beckman et le surréalisme mexicain au travers Frida Kahlo, pour devenir en quelque sorte le pendant féminin de Basquiat, qu’elle concrétisera par  un travail pour Xuli Bet puis une exposition à Tokyo sous l’influence de Lidewj Edelkoort, ainsi qu’à la Heart Galery rue de Charonne.

Elle va ensuite plonger corps et âme dans un long travail sur le souvenir et la mémoire, alimenté par la lecture de Proust et entamer sa deuxième période, la «Série Proust».

Passionnée par les années 1900, par les structures métalliques de Gustave Eiffel qui auront jalonné sa vie, de la Ruche à la Tour (son monument préféré) en passant par l’atelier d’Azzedine Alaïa où elle a exposé, elle est tombée sous le charme de l’auteur et de son monde. Monde dans lequel vécu sa grand-mère, peuplé de nostalgie et de collages en guise de personnages, qui aura nourri son imagination et guidé son inspiration. Devenant visionnaire à la lecture de son oeuvre, il lui parut comme une évidence de faire partie de la «Société des Amis de Marcel Proust»et de consacrer à ce travail neuf ans de sa vie.
C’est à travers trois expositions qu’elle va remonter le temps, à la recherche de ces années 1900, notamment grâce à Albert Loeb (le fils de Pierre qui découvrit Picasso), qui va l’inviter à accrocher ses toiles dans sa galerie. (Galerie Loeb)
De «Sodome et Gomorrhe» traitant de l’homosexualité chez Proust, en passant par « Le jeu de la recherche » et les « Jardins secrets », également exposés à Combray, ses oeuvres aux couleurs passées sont empreintes d’une douceur désuète teintées de nostalgie, tout en ayant la puissance des ex-voto.

Ce travail va trouver son apogée dans une dernière exposition très aboutie «Little Girls», issue d’une belle rencontre et de la naissance d’une amitié entre le peintre et un écrivain: l’Académicien Pierre-Jean Rémy, qui sans être fétichiste mais collectionneur de photos anciennes représentant des jeunes filles en fleurs, écrira des lettres d’amour qu’elle illustrera, en y ajoutant cette fois...de la couleur !
Ils en feront un magnifique livre, qui liera l’art et l’écriture ...
Pour la rencontrer et vous laisser envoûter, il suffit de nous contacter. (ICI)