VECU / Le Triathlon de Chantilly, voyage au bout du tri...

Le dernier WE d’août, Christelle et Ly ont affronté pour la 1ère fois un triathlon : enchaîner sur une même compétition nage, vélo et course à pied. Pour cette 1ère, elles avaient choisi le triathlon de Chantilly, pour le cadre magnifique du château et pour les différents formats proposés. Idéal pour débuter. Joueuses, elles ont coché le format « Sprint Plus » au moment de leur inscription, soit 800m de natation, 40km de vélo et 8km de course à pied. Un choix qu’elles ont maudit pendant la course mais qu’elles ne regrettent aucunement au final. Ce fut parfois l’enfer, ce fut souvent comique, et ce fut surtout un beau moment de sport à 2. Elles nous racontent leur voyage au bout du tri.

 > Pourquoi avoir eu envie de participer à un triathlon ?

Ly : C’est souvent l’occasion qui fait le larron… Cet été, l’agence Bernascom a proposé à RunChic de tester le Triathlon de Chantilly. C’est une expérience qui me tentait depuis quelque temps. Même si la course à pied reste mon sport de coeur, celui dans lequel je me sens le plus à l’aise, j’aime expérimenter d’autres disciplines, pour me challenger, repousser mes limites. C’est pour cette raison que j’ai déjà participé à plusieurs raids (Raid Amazones ou La saharienne) qui mixent plusieurs épreuves sportives. Alors la proposition de Bernascom tombait à pic ! Par contre, je n’avais pas envie de faire un 1er triathlon seule. J’ai toujours vécu à 2, à 3, voire plus, mes grands moments de sport. J’ai donc proposé à mon amie Christelle de venir avec moi. Elle est téméraire, toujours partante pour de nouvelles aventures. Je savais qu’on partagerait un chouette moment. Ce fut au-delà de mes espérances ! ;)

Christelle : C’est exactement ça. Je l’ai fait parce que Ly me l’a proposé. On est déjà parties sur des raids ensemble, nous avons pris ensemble le départ de notre 1er marathon cette année à Paris, et j’étais donc heureuse de pouvoir partager une nouvelle expérience sportive avec elle. Même si un triathlon c’était l’inconnu…

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 >Dans quel état d’esprit avez-vous abordé ce nouveau défi ?

Christelle : J’étais dans l’état d'esprit de la fille qui ne sait pas à quoi elle s'attend… Donc à la fois enjouée et méfiante. :) Un mélange d’excitation et d’appréhension.

Ly : J’étais très contente et curieuse. Je n’ai eu aucune inquiétude. Je me disais que physiquement j’avais une bonne condition, et que tout se passerait bien. Le fait de partager ce challenge avec Christelle me réjouissait. J’étais donc en mode très cool, trop cool, en fait ! La veille de la course, le stress est monté d’un coup !

>Comment s’est passée la préparation ?

Ly : Je n’ai pas suivi un plan d’entraînement spécifique « triathlon ». J’adore nager. J’ai donc mutlplié les sorties en piscine, et j’ai roulé un peu avant de partir en vacances. Ensuite, mon entraînement a été plus irrégulier. Tout d’abord parce que j’ai ressenti le besoin de faire un vrai break pendant mes vacances. Et puis, ce ne fut pas toujours aisé de pratiquer là où je me trouvais (en Italie : forte chaleur et grosses côtes). Mais j’étais confiante. Avec le recul, je pense que je me suis un peu reposée sur mes acquis. Grande erreur…

Christelle : Je ne me suis pas du tout préparée hormis une semaine avant à la nage en piscine. :) Je m’étais chronométrée sur la distance natation : 17 min pour 800m. J’étais assez sereine.

>Le jour J… Racontez-nous comment vous avez vécu la compétition et l’enchaînement des différentes disciplines.

Christelle : J’ai très mal vécu la natation à cause d’une combinaison intégrale trop petite et d'une idée reçue sur la natation. Nager en piscine et nager dans un plan d’eau, cela n’a rien à voir !!!! J'étais égorgée par la combinaison, j’ai pris des coups de pieds, de mains, j'ai suffoqué… Au milieu du parcours, j ai dû décrasher et dézipper le haut de ma combinaison pour ne pas me noyer (bon ok j’avais pied, dans la vase! ). J'ai fini le parcours dans de l’eau vaseuse, froide (17 degrés) avec la combinaison qui pendait derrière moi. En résumé : expérience douloureuse !

La première transition a été plutôt tranquille n'est ce pas ly ?!! :-) Durant les 40 km sur route ouverte, j’ai revécu. Je me sentais bien sur mon super vélo, un beau Pinarello. Un vélo de compét’ comme on dit ! Sur le 2ème tour, j ai commencé à avoir mal aux fesses puis en haut du dos. J'avais l’impression que des scooters me dépassaient ! Que nenni ! C étaient de vrais cyclistes !

Puis la course à pieds qui devait être vécue comme un moment de délivrance puisque c’était la dernière épreuve, a en fait été vécue comme une fable : le lièvre et la tortue... J'avais l'impression d’être au ralenti ! Une sacré expérience !

Ly : Alors que nous ne sommes pas novices en sport, nous avons commis toutes les erreurs qu’il ne faut pas faire. De vraies bleues !!! L’été a dû nous ramollir le cerveau… Par exemple, j’ai amené mon vélo (prêté par notre top coach Carmen) à réviser la veille de la course. Un pneu était crevé et je n’arrivais pas à passer les vitesses et les plateaux. Comme générateur de stress, il n’y a pas mieux. Autre exemple, je me suis dit naïvement que je n’aurais pas besoin de nager avec une combinaison, vu qu’on était en août. Un rapide coup de fil à mon amie Marion, triathlète expérimentée m’a convaincu du contraire. J’ai donc récupéré le matin même de la compétition, sa combinaison intégrale, que je n’ai pas eu le temps de tester. J’ai tout découvert en live : enfiler ET nager avec une combinaison intégrale. De grands moments de solitude… et de fous rires !!!

La natation ne s’est pas bien passée du tout. J’étais très stressée en entrant dans l’eau. Le froid m’a saisi mais c’était gérable. Je me sentais surtout engoncée dans ma combinaison. L’impression de ne pas pouvoir me mouvoir correctement… Lorsque le top départ fut donné, je me suis précipitée comme tous les nageurs. Et là, ce fut la guerre ! 2/3 nageurs ont nagé sur mon dos. J’ai paniqué et je ne suis pas arrivée à trouver mon rythme. Grosse montée d’angoisse… Pour me calmer, je me suis mise sur le dos. Et j’ai nagé quelques minutes ainsi, pour retrouver mes esprits et mon souffle. J’ai ensuite alterné crawl et brasse. Je crois que je n’ai jamais aussi mal nagé ! J’étais déçue en sortant de l’eau et je m’en voulais de pas avoir anticipé ce type de « détail » : toujours tester AVANT son matériel.

Lorsque je suis arrivée dans l’aire de transition pour me changer avant l’épreuve de vélo, j’ai retrouvé Christelle qui semblait être dans le même état que moi. Un peu hagarde… Heureusement Marion et une de ses amies étaient là pour nous aider à nous déshabiller et nous rassurer un peu. J’ai pris le temps d’enfiler ma tenue de vélo, d’avaler une barre, de checker que ma bouteille d’eau était bien en place, et d’observer, impressionnée, les autres concurrents… Les « pros » avaient leur caisse transparente avec des compartiments spécifiques pour chaque discipline. Moi, j’avais ma pauvre serviette étalée par terre avec toutes mes affaires en vrac. Note pour la prochine fois : prévoir sa petite caisse à outils.

Le vélo s’est plutôt bien passé dans l’ensemble. Moi qui n’aimais pas du tout ça il y a quelques années, j’ai pris du plaisir. Je n’ai pas vu passer les 20 premiers kilomètres ! Le 2ème tour a été plus folklorique. Je me suis bêtement perdue ! Grisée par la vitesse, je n’ai pas prêtée attention aux panneaux et j’ai aussi été induite en erreur par un des signaleurs. Je me suis retrouvée dans un petit hameau, seule… J’ai très vite compris que je m’étais perdue. Grosse montée d’angoisse bis… J’ai respiré un grand coup, tourné dans le hameau, interrogé un passant pour retrouver mon chemin. J’ai dû « perdre » une bonne dizaine de minutes avant de retrouver le peloton. Quel soulagement lorsque j’ai revu les cyclistes avec les dossards du triathlon de Chantilly. De joie, j’ai appuyé 2 fois plus sur les pédales ! ;)

La 2ème transition a été plus rapide que la 1ère. J’ai posé rapidement mon vélo dans l’aire de transition. J’ai avalé un gel et je suis partie pour la dernière épreuve : 8km de course à pied. Le passage vélo / running fut douloureux pour mes jambes. Je n’arrivais pas à les soulever ! De vrais poteaux, lourds, très lourds… J’ai serré les dents et j’ai mis 2 bons kilomètres avant de pouvoir dérouler normalement. Mon allure restait tout de même très lente. J’espérais faire du 4min45 au kilomètre. Je pense que j’étais à 6min du kilomètre. Dur… J’ai refusé de regarder ma montre pour éviter d’être démoralisée. J’ai alors regardé le magnifique domaine de Chantilly, le public adorable qui avait des mots d’encouragement pour tous… Et ça m’a redonné le sourire. J’ai franchi la ligne d’arrivée heureuse, soulagée, émue, et avec ce sentiment tellement fort d’avoir tenu jusqu’au bout, d’avoir vaincu…

>Quels conseils donneriez-vous à celles qui souhaitent se lancer ?

Christelle : Préparez-vous bien à la nage !! Faites du crawl water polo "karaté". :-) Et entraînez-vous pour bien gérer rapidement les transitions !

Ly : Un triathlon ne s’improvise pas. A tous niveaux, il faut bien se préparer. Déjà physiquement, ne pas négliger chacune des disciplines et surtout s’entraîner à passer d’une discipline à l’autre. Nage / vélo ou vélo / course à pied. Pour habituer les muscles car ce ne sont pas les mêmes groupes de muscles qui travaillent. Ensuite, bien tester TOUT son matériel bien en amont de la course. Pour éviter les montées d’angoisse inutiles. ;) Et ne pas avoir peur de se lancer ! C’est une expérience incroyable qui pousse à se dépasser…

>Enfin, vous seriez prêtes à retenter un nouveau tri ? 

Ly et Christelle (en chœur) : OUIIII !