Le Régime sans sucre / Vraie ou fausse bonne idée ?

Exit les régimes sans graisse, sans gluten, sans féculents, la nouvelle tendance est au régime sans sucre. Et à l'heure des Pâtissiers Stars, les militants NO SUGAR font de la résistance. Appliqué au running, Marie-Caroline, hausse le ton et nous dit tout le "bien" qu'elle en pense ! 

Nous y sommes ! Le printemps est de retour, le soleil parfois timide nous gratifie de quelques rayons. Mais voilà, qui dit soleil sous-entend running en shorty, voire brassière pour les moins frileuses. Pour sûr, nous ne sommes pas obligées d’avoir une taille de guêpe pour enfiler la panoplie, mais avouons que, homme comme femme, et qui plus est athlète, ne rechigne pas à perdre ces quelques « kilos de confort » hivernaux.

> Zoom sur le régime sans sucre : KESAKO et surtout vrai ou fausse bonne idée ?

Avant tout jugement de valeur, vous commencez à me connaître et ainsi à savoir que je suis tout simplement contre les interdits ! Une anarchiste se cacherait-elle en moi ? Une post soixantehuitarde prête à brûler son soutien-gorge pour sa dose de sucre ? Non, non, je suis juste partisane de l’équilibre alimentaire pour éviter entre autres les risques de craquages.

Mais alors razzia autorisée sur le sucre dans le café, la fontaine à chocolat ou le macaron caramel-fleur de sel ? Non bien sûr…

A chaque poison sa dose. Il en va de même pour le sucre.

Mais justement parlons sucre ou plutôt sucres. Qu’appelle-t-on sucres ? Tous doivent-ils être tous mis dans le même panier ? Peut-on réellement boycotter totalement ce nutriment et tous ses aliments sources, qui plus est, en pratiquant une activité sportive régulière et parfois intensive ?

> Le SUCRE et plus généralement les produits sucrés (miel, confiture, bonbons…) constituent la seule famille d’aliments non indispensables à l’organisme. EN CLAIR, NOUS POUVONS VIVRE SANS PRODUITS SUCRES.

On surnomme d’ailleurs cette famille « calorie vide » : vide de propriétés nutritionnelles.

De plus beaucoup d’aliments de cette famille apportent également une grande quantité de graisses (crème glacée, viennoiseries, biscuits, pâtisseries, chocolat…).

Et dernier point négatif et non des moindres : ils sont très denses en calories.

> Le BON COMPROMIS reste donc de faire le bon choix et surtout d’éviter d’en rajouter inutilement surtout, entre les repas (café sucré, bonbon…). Voici quelques pistes à creuser et faux semblants à écarter :

1.     Une canette de jus de fruits 100% fruits est aussi calorique qu’une cannette de Soda : 6-7 sucres.

2.     La confiture n’a plus rien d’un fruit et peut être assimilée à un produit sucré. Préférer néanmoins une confiture « extra » car elle contient moins de sucre.

3.     La mention « allégé en sucres » ne signifie pas « sans sucre ».  Mais avec 30% de sucre en moins qu’un produit de la même famille.

4.     Ne boycottez pas les fruits sous prétexte qu’ils sont sucrés car ils apportent aussi vitamines, minéraux, eau et fibres indispensables à l’organisme. Mais n’en n’abusez pas non plus car une portion apportent l’équivalent de 3-4 sucres.

5.     Préférez les fruits entiers frais de saison aux compotes et jus de fruits car ils seront plus rassasiants. Ils pourront être dégustés d’ailleurs à titre de collation en matinée ou dans l’après-midi.

6.     Attention aux fruits secs. Ils ne sont pas anodins caloriquement parlant car au final ce sont des concentrés de sucre sans eau. En sachant qu’un fruit contient en moyenne 85% d’eau pensez donc que les fruits secs sont 4 à 5 fois plus caloriques sans apport en vitamine C : un antioxydant luttant contre le vieillissement cellulaire.

7.     Différenciez bien produits laitiers (yaourts, fromage blanc, fromage, faisselle) et desserts lactés très riches en sucre (riz au lait, crème dessert type Danette, crème aux œufs, gâteau de semoule…). Ils sont donc à limiter.

8.     Un produit à 0% de matière grasse ou à faible teneur en Matière Grasse (MG) ne sera pas forcément 0% de sucre. Au contraire ! Par exemple, le chocolat Poulain Ligne Gourmande à 2% de MG sera aussi calorique : moins de gras mais bien plus de sucre. Un autre exemple ? les yaourts Sveltesse ferme et fondant aromatisés contiennent du sucre et des dérivés : Inuline, fructose, amidon de mais, amidon modifié de manioc, sans compter les 3 édulcorants acésulfame K, cyclamate de sodium, néohespédérine DC…). Donc restez vigilantes aux biais marketing.

9.     Un aliment sans sucre ajouté, ne signifie pas « sans sucre », car certains aliments contiennent naturellement du sucre. Par exemple une compote sans sucre ajouté contient, tout comme une portion de fruits l’équivalent de 3-4 sucres. Je vous rassure, dans les fruits, le sucre bien plus qualitatif : ce sera du fructose à index glycémique plus faible, c’est à dire que ce sucre sera diffusé dans l’organisme bien plus lentement que le sucre de table (appelé saccharose), donc pas de risque de coup de bambou rapide !

10.  Le sucre roux ou la cassonade ne sont pas plus intéressants que le sucre blanc. Ce ne sont que du sucre blanc coloré par caramélisation. En effet, il ne faut pas les confondre avec le sucre de canne brut ou rapadura qui lui n’aura subi aucune transformation et donc aura conservé un maximum de sels minéraux et donc bienfaits nutritifs. Son petit gout réglissé et caramélisé significatif vous étonnera !

 11.  Miel, sirop d’agave, sirop d’érable ont beau être 100% naturels, sources de  vitamines et minéraux anti-oxydants, ils n’en restent pas moins des sucres et donc à limiter car tout comme le sucre, ils contiennent entre 300 et 400 calories pour 100g en fonction de leur teneur en eau.

>Vous l’avez compris, nul besoin d’éliminer totalement tous les sucres, mais limitez les sucres ajoutés, les sucres cachés et apprenez à décrypter les étiquettes pour ne pas vous laisser flouer. Préférez les aliments non transformés qui peuvent tout de même contenir du sucre.

> Enfin, les apports en glucides pendant l’effort ne sont pas utiles si votre activité sportive n’excède pas une heure. De même, inutile de changer vos habitudes alimentaires si vous ne pratiquez pas plus de 4 fois par semaine une activité physique. Aucun risque de carence ou d’hypoglycémie !

Par Marie-Caroline Savelieff - Diététicienne-Nutritionniste du Sport