Sur Le Chemin de Compostelle avec Françoise / Marcher ou courir pour mieux guérir

UNE FEMME

Assises les pieds dans l'eau au bord de notre Lac de Longairoux, le soleil et l'ambiance estivale donnent de la légèreté aux propos de Françoise Bonfante-Viarouge. Sur l'évocation de son cancer du sein, sa guérison - elle vient tout juste de terminer 5 années de traitement - et ses débuts en course à pied. Françoise a 49 ans, parisienne installée à Marseille, elle vit au quotidien un bonheur fusionnel auprès de son mari et de ses enfants. Issue de cette génération 'no-sport' pour qui les parents faisaient systématiquement des mots afin de l'exempter des cours d'éducation physique, elle a toujours détesté le sport. Si bien qu'elle n'aura appris à nager qu'à l'age de 16 ans. Un cancer du sein diagnostiqué en 2008 et celui de sa soeur aînée en 2009 en auront décidé autrement. "Un choc, ce fut dramatique, mais j'avoue avoir assez bien vécu et supporté le traitement. C'est quand ma soeur a eu son cancer, là j'ai eu le sentiment de ne plus être malade. Il fallait que j'aille bien pour elle ! Nous sommes très proches et ça m'a donné la force et le courage de me battre pour elle." Alors 5 ans après le diagnostic de sa maladie et ses débuts en tant que runneuse, Françoise a fêté la fin de son traitement de manière symbolique en réalisant un rêve qu'elle avait depuis ses 17 ans : parcourir un des quatre Chemins de Compostelle, "la voie d'Arles".

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UNE RUNNEUSE

Françoise s'est mise à courir en 2012 un peu avant et à l'occasion du Triathlon de Farges, un triathlon amical et familial que nous organisons chez nous dans le Cantal chaque été autour du 15 Août. Participant en équipe, elle a réalisé qu'elle était capable de le faire et d'aller jusqu'au bout. Aujourd'hui, elle essaye de s'y tenir, pas aussi régulièrement qu'elle le souhaiterait - "il faut que je trouve quelqu'un pour courir avec moi" - mais ça viendra ! Et au mois de juillet dernier, elle a donc parcouru les 130 km du Chemin d'Arles en six jours avec des amis. "J'avais une grosse appréhension, je ne savais pas si j'étais capable de marcher six jours durant avec un sac-à-dos. Mais j'ai été très soutenue, par ma famille, par Thierry..."

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UN STYLE

"N'étant pas sportive..." Françoise, permets-moi de te couper, tu es sportive ! "Bon, oui c'est vrai. Alors, comme je n'étais pas très sportive, je n'ai pas encore tout cet équipement technique. Et sur le chemin de Compostelle, même si je transportais toute ma vie dans mon sac-à-dos, j'avais envie de rester chic ! J'y avais mis deux shorts en jean, des Pataugas achetées au Vieux Campeur et deux chemisiers Antik Batik en voile de coton qui non seulement protègent du soleil mais qui ont aussi l'avantage de sécher très vite. Pour le soir, j'avais un cachemire, mais pas de polaire... Sinon, j'avais aussi prévu une trousse de toilette avec des échantillons, de la crème pour le corps et du parfum. Un carnet pour prendre des notes, un chapeau et des lunettes de soleil."

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ALIMENTATION

"Très gourmande, j'essaye d'avoir une alimentation équilibrée. En dehors du fromage et des sucreries - je n'aime pas ça -  je mange vraiment de tout, je ne me prive de rien et surtout pas de mon petit verre de vin ! Mais il vrai que le traitement que j'ai suivi pour mon cancer fait grossir et qu'il va falloir revenir doucement à mon poids d'avant, retrouver un équilibre... C'est aussi pour cette raison que je souhaite avoir des activités physiques comme la course et l'aquabike que j'apprécie beaucoup." Et sur Compostelle ? "Tous les soirs on nous préparait un très bon repas et le midi, c'était le plus souvent une tranche de jambon et une tomate sur le pouce."

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MEILLEUR SOUVENIR

"Quand je suis rentrée à la maison, j'étais étonnée de constater qu'à l'issue de ce pélerinage, il n'y avait que du bonheur, du positif. Je me suis dit que j'étais capable de marcher, porter mon sac, de vivre en groupe et sans grand confort pendant une semaine. Ce qui m'a un peu manqué, c'est le côté spirituel, j'étais partie pour ça mais le groupe n'était pas dans cet état d'esprit. Sinon, je me suis sentie apaisée, physiquement et moralement. J'y ai pris un pied d'enfer ! Ca m'a vraiment fait du bien d'être coupée du monde avec si peu d'affaires."

PIRE SOUVENIR

"Sur Compostelle toujours. Je n'en retiens aucun de mauvais en matière de condition physique ou sur la plan pratique. Seulement, un des gars qui était avec nous, un futur diacre, m'a dit qu'à force de vouloir faire plaisir aux autres, j'embêtais tout le monde. Ca m'a profondément blessée. Mon pire souvenir avec la chaleur caniculaire de ce mois de juillet. Je crois d'ailleurs qu'il ne deviendra pas diacre..."

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COURSE A VENIR

"J'aimerais beaucoup m'inscrire à des courses, comme la Course de l'Intégration à Marseille qui associe personnes valides et handicapées ou refaire un tronçon du Chemin de Compostelle. Et La Marseillaise des Femmes aussi !" Attention Françoise, les inscriptions pour l'Edition 2014 seront bientôt ouvertes. Et si elles sont prises d'assaut comme à Paris, je te conseille de t'inscrire rapidement. Je vais peut être aller faire un tour à Marseille moi ? Pour courir avec toi et visiter le Mucem conçu par l'architecte Rudy Ricciotti !

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