Un run en technicolor avec Vincent Dogna

UN HOMME

Vincent Dogna est un homme riche de plusieurs vies où peinture et running ont fini par se rejoindre pour ne former plus qu'un. Peintre à l'âge vingt dans le Nord et en Belgique, il laisse tomber ses rêves de jeunesse pour devenir graphiste et entrer dans le monde enfumé de la publicité. En 1992 il a vingt huit ans et ce sont ses paquets de cigarettes qu'il laisse tomber pour se mettre à courir. Puis 2006 signe l'année de la rupture.

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Une tendinite du grand adducteur l'empêche de courir pendant plus de 6 mois et c'est au cours de sa convalescence, alors qu'il est à cran, qu'il ressort ses pinceaux. La course est sa source d'inspiration et Vincent ne peindra que le soir après le boulot jusqu'à ce que sa femme et ses amis le convainquent de montrer son travail. Le 23 février 2009, "j'ai pris un RTT, mon book et dans la matinée j'étais à Issy-Les-Moulineaux. J'ai frappé aux portes d'ASO, l'Equipe, Eurosport et Jogging." C'est là que l'hôtesse trouve ses dessins 'jolis' et fait appeler Bruno Lacroix qui au bout de quelques minutes se propose d'écrire un papier sur lui. Puis tout s'enchaîne. L'année 2009 verra le début de la consécration sportive et artistique du peintre. Avec au mois de mai un article dans Jogging et une Expo dans le Hall du Ministère de la Jeunesse et des Sports. Puis "Blue Line" sera retenue au Salon des Artistes Français au Grand Palais. Enfin en 2010, Vincent quitte sa boîte pour ne se consacrer qu'à sa peinture : "De graphiste dans le monde du Luxe je suis devenu graphiste dans le monde du Sport ( les affiches des 20 Km de Paris depuis 3 ans : c'est lui ) et vivre de ma peinture est devenue ma priorité."

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UN RUNNER

En 1992, un ami l'inscrit au Cross du Figaro et Vincent avoue avoir "trouvé ça drôle de courir avec un dossard". Du coup il boucle son premier Marathon à Paris en 1995 en 3H49'52, puis un deuxième à Paris et un troisième à Rotterdam en 3H22' pour signer son meilleur temps à Athènes en 2004 avec ses 3H16'. Aujourd'hui, peinture et running vont de pair, alors quand il expose sur les différentes Running Expos, le samedi soir il remballe et le lendemain matin il part faire une sortie longue de 42,195Km. "Aujourd'hui, je prends mon temps et un plaisir énorme. Je fais des Marathons pour voyager et exposer. Je ne suis jamais dans la compétition car je suis déjà surpris et heureux de pouvoir courir. Me faire violence ce n'est pas mon truc et le reste, ce n'est que du bonus."

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ENTRAÎNEMENT

"Il y a dix ans je faisais entre 65 et 70 kilomètres par semaine, répartis en 4 séances. Aujourd'hui je m'entraîne trois fois par semaine pour un marathon. Ce qui m'importe c'est la qualité des sorties et surtout, je m'écoute. D'ailleurs, je ne sais même pas quelle est ma VMA. Je fais une sortie de travail en côte le samedi - qui remplace le fractionné - et une sortie longue le dimanche, entre 1H45 et 2H30. Quant à ma séance en semaine, si je suis bien je cours au seuil, si je suis fatigué, je fais tranquilou une sortie d'endurance."

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ALIMENTATION

"J'aime bien manger, ouvrir une bouteille et fumer le cigare aussi. Il faut que courir reste un plaisir sans tomber dans l'excès. Par contre, deux mois avant un marathon je me mets à faire attention. Je diminue l'alcool, sans arrêter totalement, j'élimine les graisses - plus pour éviter la casse qu'autre chose - et en adepte du pack Overstim, je prens tout ! Le gatosport, les gels tout en buvant 2 à 3 litres d'eau avant la course. Je fais toujours attention à bien m'hydrater." C'est à cet instant que se dessine un petit sourire à peine coupable sur le visage de Vincent. "J'ai un rituel chaque veille de marathon : je bois un ricard et deux verres de vin rouge." A chacun son truc pour lutter contre le stress d'avant-course...

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UN STYLE

"Je cours en jaune. Un T-shirt jaune et une casquette jaune avec un Marsupilami dessus - un clin d'oeil à un enfant - et même si la casquette change, sur tous les Marathons je raccroche le même Marsupilami. Je suis aussi très fidèle à mes ASICS que j'ai peintes et repeintes."

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MEILLEUR SOUVENIR

"Ah ! C'est compliqué je dois dire. Il m'est quasiment impossible de choisir. J'ai autant de frissons à évoquer celui d'Athènes, que celui de New York ou encore Pragues. Ou celui de mes 40 ans en 2004 ! New York sera toujours New York, Prague j'y ai battu mon record, et le Marathon d'Athènes est historique. Pourtant c'est en novembre, il fait chaud, le parcours est ingrat, ça monte, c'est de la route, il n'y a pas un spectateur. Mais tu pars de Marathon et tu arrives à Athènes au Stade conçu en 1896 pour les 1ers Jeux Olympiques.... Mais peut être est-ce toujours le dernier Marathon le meilleur ?"

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PIRE SOUVENIR

"Rome en 2010 ou les pavés de la galère ! Parce que trois semaines avant je m'étais fait une grosse entorse et je n'avais pas vraiment l'autorisation de courir. Mon kiné m'avait dit : "Tu pars, dès que ça bloque tu t'arrêtes." J'ai fait tout le parcours dont 22 Km de pavés. Je n'ai même pas vu le Vatican tant je regardais où je mettais mes pieds."

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KILOMETRE PREFERE

"Le 28 ème. Dans mes meilleurs temps je pouvais faire du 14km/h et comme je divise le Marathon en trois, au 28 ème je vois si ça passe ou ça casse." Et c'est là que tout se complique avec Vincent... "Tu vois,  pour moi un Marathon c'est Pi, c'est à dire 3,14. Tu fais 3 fois 14 et te jauger en 3,14, c'est tout un état d'esprit. Je fais un transfert de course par rapport à l'entraînement. Avec Pi la boucle est bouclée et le marathon terminé !" Vincent, je n'ai pas tout compris, mais je retiens Pi !

COURSE ET EXPO A VENIR

"Courses à venir, les 20 Kilomètres de Paris, Marseille Cassis....

Expos à venir 20 Km, Foulées du Bugatti au Mans, Marseille Cassis, et Marathon Nice-Cannes..."

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Blue Line  / www.ARTandRUN.com

"La course à pied est ma source d'inspiration, la peinture est mon mode d'expiration."