Masahiko Iiyama : portrait d'un amoureux de Paris en coureur de fond

UN HOMME

"A Tokyo sur mon bureau, trône une planche en bois qui m'a été offerte par les coureurs de mon club la dernière fois que j'ai couru avec eux à Paris. Elle dit : "Masa, you'll never run alone." Pour Masa, la course à pied et Paris sont deux histoires d'amour qui n'en font qu'une : le Marathon de Paris. Envoyé en France comme Directeur Stratégie dans la filiale française de l'agence de pub Hakuhodo et habitant à deux pas du Bois de Boulogne, Masa ne s'est pas mis à courir tout de suite. Mais avant de repartir vivre à Tokyo, il aura couru quatre fois le seul marathon de sa vie, celui de Paris, en gagnant pratiquement une heure à chaque fois... d'abord pour visiter la capitale, ensuite pour passer sous les 5h, enfin pour briser la barre des 4h et une dernière fois en 2011 pour le plaisir. "Le Marathon est certainement mon plus beau souvenir de Paris !"

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UN RUNNER

"Tout a commencé par un Ekiden. A quatorze ans je pratiquais régulièrement le badminton au collège quand j'ai été sélectionné pour participer à cette course en relais où je ne me suis pas trop mal classé. Du coup, une fois au Lycée j'ai intégré le Club de course avec comme distances de prédilection le 1500m et 1500m haies. Mais je n'étais pas un coureur très talentueux et plutôt reconnu pour mes recherches et ma théorie sur la CAP. Un jour, j'ai trouvé à la bibliothèque un livre de Herb Elliott et je me suis mis à m'entraîner comme ce fameux coureur de fond des années soixante. En denière année j'étais devenu le capitaine de l'équipe et même si je n'étais pas le plus rapide, j'adorais préparer les plans d'entraînement et voir les jeunes progresser. Par contre, quand j'étais étudiant, je me suis plutôt consacré à la guitare dans mon groupe de rock. Et je ne me suis remis à courir qu'une fois installé sur Paris..."

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ENTRAINEMENT

"Un matin, alors que je courais dans le Bois de Boulogne je croise Marc Desmazières, le Directeur de Création de notre agence qui s'y rendait à vélo. Arrivé au bureau il m'a dit : "Masa, tu cours vraiment mal, tu devrais rejoindre mon club, je vais t'entraîner et tu vas devenir un vrai Marathonien. En plus tu es habillé comme Rocky avec ton sweat et ton jogging en coton gris ! Tu sais, même en tant qu'amateur tu as le droit de t'habiller comme un champion avec des vêtements techniques." C'est ainsi que Marc est devenu mon patron tous les week-ends. Et tous les samedis matins nous courions avec le Club de la Solitude des Coureurs de Fond 18 km dans le Parc de Saint Cloud. Ils étaient tous très gentils et attentionnés avec moi, mais pas assez pour m'attendre ce qui m'a donné l'opportunité de me perdre à de nombreuses reprises dans les bois. Le patron m' a tout appris. Comment bouger mes jambes, mes bras. Comment faires des abdos, que manger le jour de la course.... Mais par dessus tout, j'ai retenu deux enseignements : 1/ décontraction et concentration : quand le corps est relâché, le mental est sur son objectif. Une vraie philosophie de vie. 2/ Tous les kilomètres faits sont des kilomètres acquis. Chaque foulée d'entraînement t'emmène vers ton objectif. Un encouragement au quotidien ! J'étais à l'école tous les samedis matins pour apprendre à courir les 42,195 km de ma vie..."

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ALIMENTATION

"S'il y a une chose de bien au Japon, c'est la nourriture. Et si je peux me permettre, je pense que la cuisine japonaise est la plus adaptée aux marathoniens. Elle est non seulement bonne pour la santé mais elle correspond aussi aux besoins nutritionnels des coureurs de fond. Soupes Miso, Tofu, Sashimi, Natto (graines de soja fermentées), Thé japonais.... que des plats sains et délicieux. Ces produits n'étaient pas si évidents à trouver sur Paris, mais aujourd'hui à Tokyo, j'en suis entouré !"

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UN STYLE

"T-Shirt Nike et Décathlon ! Short Nike."

PLAYLIST

"J'adore  écouter de la musique et jouer de la guitare. Les Beatles et Django  Reinhardt sont mes stars. Mais j'aime aussi Natasha St-Pier et je me suis  rendu à trois reprises à ses concerts." Oui, mais Masa, est-ce que tu  cours en musique ? "Jamais pendant le marathon ! Marc le patron, me l'a interdit. Mais sinon, j'écoute Gilad Hekselman "Split Life". Et aujourd'hui, ça me rappelle le jogging a Paris."

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KILOMETRE PREFERE

"Le 1500m, j'aimerais bien en recourir un." Oui, mais sur Marathon Masa ? "Sur Marathon je préfère les cinq premiers kilomètres."

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MEILLEUR SOUVENIR

"Je n'oublierai jamais le Marathon de Paris 2010. L'objectif était de terminer en moins de 4h. Je peux dire que j'étais vraiment bien préparé et c'est justement pour cette raison que j'avais l'impression d'avoir une grosse pression : j'avais peur d'échouer. La course était dure. C'était mon troisième Marathon, mais les Marathons ne sont jamais devenus plus faciles. Au 38 ème kilomètre, alors que j'étais sur le point de craquer, un homme est sorti de la foule et m'a accompagné. C'était Arnaud, un des membres de la Solitude. Il n'a pas arrêté de me parler et m'a réveillé au moment le plus critique de la course. Je me souviens très bien quand il m' a dit :"Ta femme et tes enfants seront fiers de toi." Mon corps est devenu plus léger et j'ai pu avancer plus facilement. Grâce à Arnaud, j'ai pu terminer en 3h52'. Ceci est certainement mon meilleur souvenir de Paris !"

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PIRE SOUVENIR

"Mon premier marathon, celui de Paris en 2007 pour lequel je m'étais mal préparé. J'avais rejoint un petit groupe de japonais qui le préparait en me disant que ce serait amusant. L'un d'entre eux m'a même dit " Pourquoi n'essayerais-tu pas juste pour avoir un bon souvenir de Paris ?" Je m'y étais inscrit sans vraiment y penser. Le résultat était terrible, j'ai réussi à le terminer, mais en 5h56. C'était si dur que j'ai dû marcher les 10 derniers kilomètres. Quand j'ai terminé, j'ai juste remercié Dieu d'être toujours vivant. Le lendemain j'étais cloué au lit, ne pouvant plus bouger et j'ai eu plus de 38 de fièvre pendant deux jours."

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COURSE A VENIR

"Au mois de juin je vais fêter mes 50 ans, et j'ai envie d'un nouveau challenge sur Marathon. Alors cette fois-ci ce sera celui de Tokyo !"

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